Noël à Boyaca en Colombie

Last updated on January 23rd, 2021 at 08:06 pm

Cher lecteur:

Je m’appelle Frank et j’ai une agence de voyage basée à Bogotá, en Colombie. Amusez-vous bien à lire!

Activité de fin d’année à Boyaca

Nous partons exactement à quatorze heures du quartier La Candelaria de Bogota, en direction du Boyaca pour prendre la route des lumières et effectuer un nouveau circuit de Colombie. Notre plan était très ambitieux, nous voulions aller jusqu’à Nobsa, le village des crèches, et aussi notre point le plus excentré, pour rentrer à Bogota en passant par le « Pueblito Boyacense » de Duitama, par Corrales, le village « Lumière de Colombie », Tibasosa, Puente de Boyaca et Villa de Leyva ! Oui, j’ai bien dit Villa de Leyva, comme cela, d’une seule virée. Nous allions rentrer à Bogota à quatorze heures, après avoir effectué l’itinéraire complet. Mais non. Il s’en est fallu de peu.

D’abord, nous sommes coincés dans l’embouteillage de l’autoroute nord, jeudi 2, dans l’après-midi, morts de peur de ne pas arriver à sortir de Bogota avant que ne commence la circulation alternée, mais nous y parvenons. Nous suivons la direction de Tocancipa, et il n’est pas inutile de dire que sur ce tronçon routier, il faut faire attention aux signaux car il est facile de se tromper de route (non pas parce que cela nous était déjà arrivé, il ne manquerait plus que cela…). En route vers Duitama, notre premier arrêt est la reprise du Sisga. De la route, on ne la voit pas bien, et on passe au-dessus sur un petit pont rouge qui mesure moins de 50 mètres, si bien qu’il est facile de ne pas s’en rendre compte Nous stoppons pour nous dégourdir les jambes et voir le paysage. C’est possible si on entre dans le restaurant « le refuge du Sisga », autoroute 55, km 68 sur la voie Bogota-Tunja. Ici, il y a un mirador orienté vers la reprise, d’où on peut marcher jusqu’à la rive. Le restaurant est joli, il a de grands arbres, de blanches colombes, des poules punk, des lamas et un jardin d’enfants. Nous n’y mangeons pas, mais j’ai trouvé plus tard dans Trip Advisor des opinions sur la nourriture et le service.

Nous continuons notre voyage avec une idée fixe: nous arrêter à « Venta Quemada ». D’après Sebastian, « Venta Quemada » est un parador routier fameux où on peut déguster les arepas du Boyaca les plus controversées. Controversées car si pour les uns, c’est un mets divin, pour les autres leur saveur ne dit pas grand-chose. Nous interviewons une des dames qui faisaient les arepas dans le restaurant « Puerta Boyacense », fabrique d’arepas. Elle ne nous a rien dit de l’origine des arepas, mais nous a montré les moules dans lesquels ils les font. Ces arepas sont de maïs pelao (maïs pelé), de caillé (espèce de fromage), de sel et de panela. Le caillé est mis dans la pâte de maïs et la panela (ou le sucre) leur donne leur goût doucereux si caractéristique. Elles sont grillées au charbon et sont servies avec une tasse d’eau de panela chaude accompagnée de fromage. On y trouve aussi des amuse-gueules, de la poule, des saucisses et autres délices de la gastronomie du Boyaca. Nous découvrons que « Venta Quemada » est en fait un village et que son nom correct est Ventaquemada, selon Wikipedia: « La municipalité reçoit le nom de Ventaquemada en mémoire d’un fait survenu dans l’ancienne circonscription commerciale du XVIIIe siècle dénommée « La Venta » qui était située à ce même endroit, et qui a été brûlée à cause des rivalités entre ses habitants avant la construction de la municipalité actuelle ».

En sortant de Ventaquemada, nous décidons de continuer jusqu’au Puente de Boyaca et d’y faire notre premier arrêt officiel sur notre route de Noël. Il fait encore jour quand nous y arrivons. Nous gravissons le petit chemin en pierre jusqu’à la statue de Simon Bolivar d’où on a une vue panoramique sur tout le monument et le paysage. De là, nous contemplons les embrasements oranges du couchant et nous voyons peu à peu comment s’allument les lumières. C’est alors qu’apparaissent des gouttes lumineuses qui tombent des arbres, des chemins lumineux faits d’étoiles, de fleurs et de colibris, allusions aux familles paysannes du Boyaca avec leurs tenues typiques et leurs animaux: poules, poussins, vaches, moutons et cochons. Crèche, chameaux, tracteurs sur la pelouse, un chariot de Cendrillon. Mais ceci n’occulte pas le plus impressionnant: le peloton de cyclistes lumineux qui fait le tour du site, rendant hommage au talent sportif colombien et exaltant le Boyaca comme berceau des excellents « scarabées », ou cyclistes sur route, comme Nairo Quintana et Miguel Angel Lopez.

Malgré la beauté, nous ne respectons pas l’itinéraire de notre voyage en Colombie, c’est-à-dire le chronogramme car il fait déjà nuit et nous sommes encore loin. Nous allons directement à Nobsa, et il nous faut près de deux heures pour y arriver. Quand nous y sommes, nous nous trouvons face à l’énorme construction de l’usine Holcim qui appartient au groupe suisse Holcim, une des cimenteries les plus grandes au monde et nous nous croyons perdus. Mais non, nous accédons au centre du village guidés par les lumières du clocher de l’église.

Une fois arrivés, nous tombons sur une petite place pleine de couleurs et de lumière, avec des clins d’oeil à la vie champêtre et aux paysannes du Boyaca. Au centre de la place, nous voyons un château de conte de fées très illuminé qui opacifie quelque peu la superbe crèche que figure l’éclairage de ce village. Autour de la place, on peut trouver des stands d’artisanat et des cafés, mais tout est en train de fermer. Au-delà de la place, il n’y a pas d’éclairage, alors le parcours dure 20 minutes. Il faut souligner le caractère très particulier de l’église dont l’intérieur est très bien décoré. C’est un temple avec trois nefs de style baroque, une structure complètement en pierres de taille, construite à la fin du XIXe et au début du XXe siècles.

De Nobsa, nous partons pour le Pueblito Boyacense, malgré les recommandations d’une habitante de Nobsa (comment s’appellent les habitants?) de continuer vers Corrales qui, selon elle, est de toute évidence le village qui a les illuminations les plus belles de tout notre itinéraire…Sans commentaires, nous partons pour le Pueblito Boyacense et nous y sommes en plus ou moins une demi-heure. L’entrée vaut 2.000 COP et l’entrée aux bains 1.000 COP. Le lieu est magnifique, plein de maisons et de petits chemins qui rappellent les principaux villages du Boyaca et leurs produits principaux, pour la plupart, artisanaux. Nous effectuons le parcours en trente minutes, il n’y a pas grand monde et l’église, ainsi que quelques restaurants et des boutiques d’artisanat sont déjà fermés. Il est environ 21 heures. Autour du site, il y a des stands de sucreries, de fast food, d’artisanat et un grand parking.

De là, nous partons directement dîner. En vérité, Duitama est déjà endormie, et il est difficile de trouver un restaurant ouvert. Finalement, nous trouvons un restaurant pour routiers encore ouvert. Un lieu très simple, propre, ample, avec des chaises et des tables en plastique et beaucoup de chauffeurs en train de dîner. La commande est rapide, mais les plats tardent à arriver. Tel est notre dîner de Noël et de fin d’année: en entrée, un délicieux bouillon de côtes et comme plat de résistance, riz, frites maison, salade d’oignons à tête blanche et tomates finement hachées, viande grillée ou steak. Une vraie découverte de la Colombie ! Aura et moi la rendons encore plus mémorable en accompagnant le dîner d’un soda classique: Manzana Postobon (parenthèse: nous discutons pour savoir quelle serait le meilleur soda colombien, pour moi ce serait le Glacial Crema Soda, pour Aura, je ne me rappelle pas….désolé, Sebastian ne donne pas son avis, et Franck dit seulement « ughh »).

Une fois le dîner terminé, « à ventre plein, cœur satisfait », nous partons un peu avant 22 heures pour Villa de Leyva. Deux heures de route à partir de Duitama. Nous jouons à deviner des noms d’artistes et de films pour ne pas nous endormir, mais nous nous ennuyons vite. L’application du portable a failli nous égarer dans un quartier pas très recommandable de Tunja, désolé à ces heures.

La nuit, comme on ne voit pas bien le paysage, on se rend compte qu’on approche de Villa de Leyva à cause des virages et de la couleur marron que les choses dehors commencent à refléter. Nous y arrivons et trouvons ce petit village blanc dont la place principale est sobrement ornée. L’énorme place avec sa petite fontaine au centre, ses arbres lumineux autour et sur l’esplanade et les édifices bordés de lignes de lumière jaune. Selon notre historien, la taille de la place est telle car, à l’époque, elle servait à l’entraînement militaire et au détachement de soldats.

Nous tombons sur un ami de Frank, et chacun prend ce qu’il veut dans un bar de salsa en face de l’église. Avertissement, « ne caressez pas les chiens », car Aura a failli être mordue par un chien qui tentait de dormir. Je sors explorer les alentours de la place jusqu’à ce qu’ils m’appellent pour la photo de fin d’année, pour laquelle vient poser un autre chien de rue, beaucoup plus aimable. Il se peut que je sois déjà habitué.

Enrobés du silence du matin, nous entamons notre chemin de retour à Bogota. J’avoue que j’ai peur de voyager si tard, de si loin. Mais la crainte réside seulement dans ma tête. La voie est rapide et sûre, gardée, en plus, par les forces militaires et la police et, en l’espace de deux heures et demie, nous entrons à Bogota. À trois heures du matin, chacun rentre chez soi, exténué. Notre tourisme en Colombie est terminé.

En conclusion, c’est impossible de faire tout l’itinéraire en une seule nuit, à moins d’être disposé à passer le plupart du temps en voiture, ou à faire des visites ultra-rapides de chaque endroit ou à omettre certains sites, ou tout à la fois. Le mieux serait de bien choisir un site ou deux, de les explorer à fond ou de faire le parcours en deux jours.

Trouver plus d’informations dans Boyaca Tourist Information. Et ne cherchez plus une agence de voyage en Colombie spécialisée dans le luxe et les voyages sur mesure.

Pelecanus. Voyages en Colombie.

Décembre 2017

Blog de Sara Colmenares

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