Safari dans les llanos de Casanare Colombie

Last updated on January 23rd, 2021 at 08:03 pm

Cher lecteur:

Je m’appelle Frank et j’ai une agence de voyage basée à Bogotá, en Colombie. Amusez-vous bien à lire!

Safari dans les llanos de Casanare Colombie

Avertissement pour le lecteur : ce blog sera un peu plus long, car il y a beaucoup à dire. Et les envies de voyager pourraient le rendre contagieux ! Eh bien, non! Ce ne furent pas des vacances pour moi.

Le Casanare est comparé à l’ouest sauvage des États-Unis, l’industrie locale y dépend principalement de l’élevage. En conséquence, on voit partout des cowboys montés sur leurs chevaux. Le territoire est énorme. Il s’étend presque jusqu’à la frontière vénézuélienne et, avec une superficie de 44.640 kilomètres carrés, il a quasiment la taille de la Suisse. Par le passé, la région bénéficiait de gisements de pétrole, mais depuis les ajustements du prix du pétrole, quelques années auparavant, les finances se sont déséquilibrées. Les provisions et les investissements pour l’avenir se sont assoupis. Le climat est chaud et constant pendant toute l’année. Il y a des pluies et des périodes de sécheresse.

Après notre arrivée un samedi, après cinq heures de voyage, nous prenons une bière bien fraîche et faisons une sieste. Il est nécessaire de récupérer un peu après un long voyage en voiture. Dans la soirée, nous allons à l’anniversaire d’une cousine d’Eduardo (mon frère colombien, il faut le dire). Elle fête ses 15 ans, et ils m’expliquent que c’est la fête la plus importante dans la vie d’une petite fille, si bien qu’ils ont cassé la baraque. Mon âme modeste se sent un peu étrangère, mais je m’adapte rapidement. La propriété est impressionnante: beau jardin, piscine, discothèque, écuries, maison principale et maison d’hôtes, etc. Toute la nuit est orchestrée par des présentations, des groupes de danse, un D.J. et de la nourriture en abondance. Le seul contretemps, c’est quand l’alcool fait défaut. Pas de doute qu’en Colombie on peut faire de belles fêtes.

Le lundi, je retrouve Julia et Andres, mes associés locaux. Andres a grandi dans la région et Julia est allemande. Ils se sont connus en Angleterre, se sont mariés et depuis quelques années, travaillent ensemble dans le secteur touristique. Mon objectif est de tester les activités disponibles et d’avoir une idée générale de l’offre. Ils m’invitent donc à leur propriété le lendemain.

Mardi, je vais prendre Julia à 5:30 du matin. Andres nous a devancés pour réparer la tuyauterie d’eau. Nous allons d’abord au marché acheter le petit déjeuner et, une heure de voyage plus tard, nous arrivons à la ferme. Andres est déjà allé chercher les chevaux. Quand il arrive au galop dans le plus pur style cowboy, accompagné d’une horde de chevaux, je suis très impressionné. Il nous salue chaleureusement et, une fois que j’ai enfilé mes bottes de marais, nous commençons.

D’abord, je dois attraper mon cheval et c’est plus difficile de ce que je croyais. Cent tentatives plus tard, le lasso passe autour du cou du cheval, et il est à moi. Ensuite, nous devons seller les chevaux et mettre les harnais. Ils me font une introduction sur comment manier la bête et comment lui faire faire volte-face. Je fais plusieurs manœuvres sur place et tout parait bien se passer. Mon cheval est le seul en pilotage automatique, car j’ai à peine lâché les freins qu’il commence à se mouvoir tout seul. Sinon, la bête est d’une parfaite noblesse.

Nous allons explorer les lieux. Andres va devant et nous derrière. D’abord, nous trouvons un bois et ensuite une rivière. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour recevoir des informations sur la faune et la flore locales, très variées. Enfin, nous stoppons un moment à côté d’un bois et nous descendons pour l’explorer à pied. Nous cherchons un oiseau spécifique qui n’est apparemment pas au nid. Des singes dans les arbres observent attentivement chacun de nos gestes. Je suis plein d’enthousiasme, alors je prends plein de photos. Je me sens comme un enfant dans un zoo. De nouveau à cheval, nous passons au milieu des pâturages et des vaches curieuses. C’est le moment de tester la vitesse maximale de mon cheval et je peux arriver à la conclusion la suivante: les chevaux sont rapides, galoper est exténuant pour le cavalier. Et c’est très divertissant !

Épuisé après le galop, je reprends une vitesse normale. Puis, nous allons galoper dans une rivière. Je peux recommander cette expérience à quiconque voudrait faire du tourisme écologique en Colombie. C’est tout simplement incroyable. De retour à la ferme, après le petit déjeuner, je prends congé du couple.

Mercredi, je visite certains sites de la région pour voir s’ils ont un potentiel touristique. Même si on y récolte du café et du cacao, les villages ne brillent pas par leur beauté. Le paysage, par contre, est superlatif.

Dimanche, je suis déjà réveillé à cinq heures du matin car j’ai rendez-vous avec Seco, un guide local. Nous nous rencontrons sur une route près de Trinidad (on trouve en Colombie les noms de tous les pays et de toutes les villes du monde). Nous nous étions déjà rencontrés une fois, environ deux ans auparavant. À cette époque, il avait fait une présentation sur comment traverser une rivière en nageant sur un cheval. Son surnom est aussi « le grand habitant des plaines ». Il y a quelques années, il a participé à un concours de trois semaines pendant lequel il a dû se mesurer dans des disciplines comme: chevaucher, capturer du bétail, enfourcher du bétail, chercher des anacondas, s’orienter, traverser des rivières avec des animaux, et bien d’autres encore. Ses yeux s’illuminent tandis qu’il en parle, les souvenirs à fleur de peau. En plus, comme beaucoup d’habitants des plaines (c’est ainsi qu’on nomme toute la région), il est toujours nu-pieds.

J’emmène Seco avec moi, et nous conduisons jusqu’au premier troupeau. Jusqu’alors, le potentiel touristique de la zone ne m’avait pas surpris, mais ce que j’allais vivre dans les prochaines journées me convaincrait complètement. Nous voyons, entre autres, une kyrielle d’oiseaux, de capybaras, de caïmans, cerfs, chevaux, tortues, lézards. C’est comme si on était dans un safari en Afrique.

Au-delà des rues et des édifices, au milieu de la nature, une infinité d’animaux divers se réunissent autour des sources aquifères. Il n’est pas nécessaire de les chercher, eux-mêmes se présentent sur un plateau d’argent et Seco les connaît tous: plantes, animaux, il a réponse à tout. Ce safari est une des plus belles choses que j’ai vécues et c’est un circuit à faire en Colombie. J’y enverrai, sans nul doute, mes parents.

Ayant passé toute la matinée à observer des animaux, nous partons en voiture, après le déjeuner, vers une petite ferme pour compléter la journée par un voyage en canoë. Un spectacle unique s’offre à nous dans l’après-midi quand des oiseaux de différentes couleurs et caractéristiques se posent sur les arbres de la rive du fleuve.

Vendredi, le clou du spectacle est la visite de la ferme La Aurora. Ma famille colombienne m’a défendu d’y aller en voiture car il semble que l’ELN (Armée de Libération Nationale), ait abandonné la table des négociations et ait repris les escarmouches dans la région. L’ELN est beaucoup plus petite que ne l’étaient les FARC et, pour le moment, les accords de paix sont toujours en vigueur. En conséquence, je décide de voyager en charter et j’invite Julia à m’accompagner. En général, je peux dire que le voyage en avion est très recommandé, car il y a une piste sur le domaine, et le paysage vu de l’avion est tout bonnement spectaculaire. Les prix aussi sont raisonnables.

La propriété La Aurora est énorme et couverte d’une végétation luxuriante. Avec ses quelque 5000 têtes de bétail, elle appartient à l’une des plus grosses entreprises de la région. Les propriétaires ont décidé, il y a quelques années de s’occuper et de protéger la nature et les animaux. Des jaguars et des pumas y ont aussi leur habitat. En réalité la zone est merveilleuse et propose beaucoup d’animaux. Un rêve pour dingues de l’observation des animaux et de la photo.

Ce lieu offre une grande variété d’activités comme, entre autres: pêcher, chercher et capturer des anacondas, contempler la nuit. Le seul problème est l’hébergement. Même si les infrastructures en général sont belles, on a des hauts-le-cœur quand on entre dans les chambres. On pourrait parfaitement comparer la qualité de l’hébergement avec celle d’un motel de basse qualité. Je préfèrerais personnellement passer la nuit dans un hamac, qui est aussi en offre. L’autre problème, ce sont les prix et, sur ce point, je dois être complètement honnête. La situation peut s’expliquer par le fait que El Hato est actuellement une espèce de monopole. Toutefois, je suis sûr que ceci va changer dans les prochaines années, car d’autres fournisseurs se préparent à recevoir des touristes pour offrir à des prix raisonnables des tours spectaculaires. La Aurora devra donc diminuer l’écart entre la qualité et les prix au cours des prochaines années. Nous verrons bien.

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